Livres de chevet

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L'Ours
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Messagepar L'Ours » sam. 24 oct. 2015 21:25

Les livres qui vous accompagnent aux long de vos ballades ou à la faveurs de vos haltes plus ou moins longues.

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Re: Livres de chevet

Messagepar L'Ours » sam. 24 oct. 2015 21:30

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saxel
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Messagepar saxel » jeu. 27 oct. 2016 00:14

«Sorties de guerre, Vietnam, Laos, Camboge, 1975-2012», Michel Strulovici, Les Indes Savantes, 2016

extrait :

Mais à ce moment-là, on ne pensait pas que les Khmers rouges étaient en train de massacrer 1,8 million de personnes. Soit à peu près un tiers de la population. En ce qui me concerne, le vrai choc, je l’ai eu quand je suis arrivé à Phnom Penh en 1980. Là, j’ai été totalement abasourdi. Les rares survivants m’ont rappelé ceux d’Auschwitz, même si les deux génocides ne sont pas de même nature. J’ai rencontré des gens qui me disaient: «J’ai perdu 25 personnes dans ma famille»...

Comment voyez-vous l’évolution des pays de la région?

Tous ces pays ont repris le modèle politique et économique chinois. Ils se sont adaptés à un modèle de croissance capitaliste mondialisé. Leurs dirigeants veulent garder le pouvoir mais ils savent qu’ils ne peuvent échapper à la mondialisation. Ils font venir les investissements étrangers dont ils assurent la stabilité et la rentabilité. Ils développent le pays. Et s’en mettent plein les poches. Ils ont pris au mot la fameuse phrase de Margaret Thatcher: «There is no alternative !» («Il n’y a pas d’alternative !»)

Dans le même temps, ils sont confrontés à la puissance tutélaire de la Chine et ils ne savent pas comment y échapper. Les Etats de la région vont être obligés de négocier avec les Chinois qui disent: «Dans cette région, nous sommes chez nous.» Ces pays n’ont qu’une seule alternative: une présence américaine renforcée. D’où cette constatation: c’est décidément dans la zone Pacifique que l’histoire du monde est en train de se faire.

«Sorties de guerre, Vietnam, Laos, Camboge, 1975-2012», Michel Strulovici, Les Indes Savantes, 2016

Un sage chinois, il y a de cela plusieurs siècles, conseiller de son Empereur, confia à ce dernier, « si vous voulez détruire un pays, inutile de lui faire une guerre sanglante qui pourrait durer des décennies et coûter cher en vies humaines. Il suffit de détruire son système d’éducation et d’y généraliser la corruption. Ensuite, il faut attendre vingt ans et vous aurez un pays constitué d’ignorants et dirigé par des voleurs. Il vous sera très facile de les vaincre ».
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Lilian
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Re: Livres de chevet

Messagepar Lilian » ven. 9 déc. 2016 23:08

Je vous conseille un livre vraiment très beau et facile à lire avec des vrais gens à l'intérieur. Des familles qui galèrent dans le grand nord canadien mais qui n'abandonnent jamais et qui se serrent les coudes. Un morceau d'humanité: Miséréré de Bernard Clavel.
"Et crotte !" Lincoln Loud

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Messagepar saxel » jeu. 23 févr. 2017 13:52

Tout à fait par hasard, j'ai trouvé ce livre de poche ...

je vous ferai profiter des passages croustillants.
Fichiers joints
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Messagepar saxel » ven. 24 févr. 2017 04:53

Quelques passages ... écrit en 2011, beaucoup d'évolution depuis dans le pays , même si certaines situations sont toujours d'actualité dans des % différents ; chaque jour je découvre un changement, des expats repartis, des établissements ouverts et refermés... et surtout, des jeunes qui sous-entendent que leur situation matérielle n'est pas bonne et que ... :|

********************************************************************************************

extraits ;


« L’humanitaire d’urgence a aidé ce petit royaume à se remettre sur les rails à une époque où la population manquait de tout. Les expats’ de ces premières organisations s’en sont allés dans d’autres pays une fois la presque normalité revenue. Ils sont partis là où les catastrophes naturelles ou humaines avaient poussés les habitants dans une misère encore plus grande que celle du Cambodge. Mais, à cette solidarité là, s’en est substituée une autre. Le « développement durable » a ainsi pris la place de l’aide d’urgence. Si cette dernière est louable et nécessaire, la légitimé des actions se targuant de « développement durable » est contestable. Ainsi, une organisation non gouvernementale (ONG) qui offrait des jambes en plastique aux victimes des mines antipersonnel, s’est mise à fournir des radars mobiles et des éthylomètres aux policiers de la circulation. Juste pour continuer à exister…

Il fut un temps où les lecteurs du Pèlerin magazine recevaient, aux environs de Noël, une lettre dans laquelle se trouvait une minuscule béquille réalisée en fétu de paille dans de lointaines contrées, par d’anonymes indigènes. Elle était censée faire verser une larme accompagnant l’envoi d’un petit billet, pour que le fétu se transforme en véritable béquille pour ceux qui avaient eu la malchance de croiser le chemin d’une mine. L’œuvre était louable. Elle l’a été également au Cambodge lorsqu’il a fallu appareiller les milliers de victimes de mines ou de polio. Dit-on aujourd’hui, à ces bonnes âmes occidentales, que ce ne sont plus des prothèses que reçoivent les pays pauvres mais de vulgaires radars autoroutiers ? Que penser d’une organisation étrangère qui œuvre à agrandir l’arsenal répressif de la police d’un pays qui n’est pas le sien, surtout lorsque l’on connaît les penchants pour nombre de personnels de cette administration à arrondir leurs difficiles fins de mois par des pratiques qui consistent à fermer les yeux sur une infraction en échange d’une modeste obole ? Qu’une organisation caritative mène des campagnes d’éducation sur la circulation routière, soit ! Qu’elle sensibilise la population au code de la route, passe. Mais qu’elle fournisse la maréchaussée en matériel servant à dresser des procès verbaux contestables, est tout simplement ahurissant. :!:

Tout cela parce que cette organisation n’a pas réussi à couper le cordon qui la relie au Cambodge. Pourquoi ? Peut-être parce que dans les ONG se trouvent des hommes qui estiment parfois être mieux ici qu’au Pôle Nord, à équiper en pattes en plastique les ours blancs victimes de braconniers » (46-48).



« Parfois, en queue de comptoir, un touriste se mêle au groupe, écoute, tente de participer et pose ses questions, un brin envieux, un brin étonné des conversations des expats’.

Envieux, car pour un touriste, un expat’ est quelqu’un de différent, un brin non conformiste à mi-chemin entre le rebelle et l’aventurier. Ce n’est pas tout à fait vrai.

L’expat’ se caractérise par le fait qu’il a su partir à un moment donné de sa vie ; qu’il a eu le courage de briser le corset de la routine, et ne paye généralement plus d’impôts en France. Il est donc à ce titre perçu comme un peu plus libre que ceux piégés par le tourbillon du métro-boulot-dodo. Quelque part, l’expatrié, aux yeux du touriste, incarne le vacanciers perpétuel » .



En 1998, un octogénaire se présente un beau matin au portail de l’ambassade… Tout nu ! Et ne se souvenant de rien. La secrétaire du consul, une adorable petite dame, le recueille et croit d’abord qu’il a été drogué, dépouillé et volé. Elle prend soin de lui, l’écoute, l’aide. Elle apprendra des années plus tard que le « monsieur si bien, si gentil » avait seulement pris une overdose de Viagra ingurgitée non loin, dans un bordel de la rue des Petites fleurs. Au matin, groggy et hagard, il avait déambulé nu dans les rues adjacentes jusqu’à ce qu’une âme charitable le dépose devant l’ambassade et lui offre gentiment son krama pour couvrir sa nudité. Et il n’est pas le pire des exemples de personnages étranges à fréquenter la salle d’attente du consul, confondant trop souvent consulat et baguette magique » .



Anciens dictons khmers :

« Si, grand fou, vous voulez marier une khème, étudiez les conseils suivants : :lol:

Taille : les petites femmes (moins de 1,50m), qu’elles soient grosses ou minces, sont souvent réputées méchantes, capricieuses, individualistes, et infidèles… En plus, si leurs tétons sont petits, leurs maris auront des difficultés à leur faire plaisir. La fille qui mesure entre 1,50m et 1,65 m est réputée bonne. Elle n’est jalouse de personne. La fille qui mesure plus de 1,66 m a souvent des joues gonflées et rougeâtres. Mais si ses sourcils sont épais et ses poils des bras sont longs, elle est réputée sentimentale et passionnée. La fille qui a une taille masculine est réputée mauvaise. Car elle a un caractère d’homme et s’allie souvent au clan masculin.

Lèvres : fille aux lèvres minces en veut à tout le monde. Elle médit, insulte, se fâche. Ce n’est pas une bonne fille. La fille dont les lèvres ne sont ni minces ni épaisses préfère bavarder et avoir de bonnes relations avec les autres. Fille aux lèvres charnues aime faire l’amour. Fille à lippe pendante manque de courage et est réputée insouciante. Fille dont les lèvres sourient est fidèle à son mari et a bon cœur.

Joues : fille aux joues gonflées est méchante et cherche toujours des histoires. Fille aux joues plates et blanchâtres est gentille et préfère la tranquillité.

Sourcils et poils : fille dont les deux sourcils se rejoignent est une querelleuse. Fille poilue sur le visage ou sur le corps est méchante et n’aime pas faire l’amour.

Voix : fille à la voix grave et forte est réputée indifférente en amour. Fille dont la voix n’est ni grave ni aiguë a un caractère aimable » .



« Car il existe une différence majeure entre la prostitution en Europe et les jeunes filles e joie en Asie : la tendresse et le jeu sont des qualités absentes de l’industrie du sexe en Occident !

Cette relation débute donc par le jeu, par des câlins au coin du bar. Une impression de drague, de complicité, de réciprocité. Le dénouement à venir, ainsi préparé, n’apparaît plus comme un amour vénal, mais comme un consentement entre deux personnes qui se plaisent. Cette impression vient des modalités de la vente du sexe. Pour ces jeunes prostituées, le travail intègre un mode ludique. Il consiste à tirer le plus grand profit de leur position, sachant que les clients occidentaux veulent croire à la séduction » (page 126).



« Le pourfendeur du tourisme sexuel feint d’ignorer les chiffres pourtant officiels : 95% des clients de prostituées en Asie, Cambodge compris, sont des Asiatiques, pour la plupart des habitants du pays. Il ferme les yeux sur les tours qui se dressent le long de la nationale 6 à la sortie de Phnom Penh, où les filles s’entassent. Dans ces karaokés géants, où les contrôles sanitaires sont aux abonnés absents, les jeunes filles ne font pas que tenir le micro du chanteur.

L’expat’ est un minuscule client dans le vaste monde du sexe à péage. Le zoom grossissant des médias le met pourtant toujours aux premières loges sur le banc des accusés » (page 129).



« Les notions de précision et de temps, en particulier la ponctualité, sont perçues différemment en Asie (…). Ainsi le tcham tik – qui se traduit littéralement par ‘attends un peu’ – ne signifie pas forcément d’attendre quelques minutes. Dans la réalité, cette expression passe-partout ne correspond à rien de précis. Une secrétaire qui accueille un expatrié ayant un rendez-vous avec son patron, peut très bien l’utiliser pour signifier que le rendez-vous a été annulé. Au restaurant, le tcham tik peut être répondu en souriant par le serveur au barang qui, après une heure d’attente, s’inquiète de ce que son plat ne soit pas encore arrivé. Le garçon n’ose tout simplement pas annoncer à l’étranger qu’il n’y a plus de pommes de terre pour faire ses frites. Et que tous les marchés environnants sont fermés. Et pourtant, fait remarquable mais insoupçonné, le restaurateur a bien tenté s’envoyer un employé pour acheter des patates, mais ce dernier est revenu bredouille. ( et là je sens certains d'entre vous qui péteraient les plombs ! ).

En énonçant cet idiome, le serveur pratique ce que le barang appelle la politique de l’autruche. La tête dans le trou est préférée à l’explication, car la situation conflictuelle peut se transformer en gravissime et impardonnable affaire de « perte de face ».

Plus l’adepte du tcham tik laisse couler le temps sans rien dire ni rien faire, plus le client étranger s’énerve, au risque d’exploser et de piquer une colère en public. Ce qui, lit-on dans tous les guides e voyage sur le Cambodge, n’est jamais bien vu. Ni très efficace non plus.

A la laverie, le même tcham tik peut vouloir dire que le sac de linge propre a été donné par erreur à un autre client. Bref, les possibilités sont infinies.

Un barang averti se méfie donc, cat tcham tik est souvent une manière de s’excuser sans rien dire, un faux-fuyant et un signe convenu de danger de perte de face » .



« Barang : Ce terme date de l'époque coloniale et servait de toute vraisemblance à désigner les fonctionnaires français qui se déplaçaient à cheval (barangset). Il était alors utilisé comme un titre. L'arrivée de l'automobile lui a valu la disparition de sa flatueuse syllabe finale et le mot a maintenant la même connotation que le farang en Thaïlande. Il n'est appliqué qu'aux Occidentaux, reste révérencieux (au moins dans les campagnes). Il existe une panoplie d'autres mots pour désigner les étrangers... Ces mots ne sont jamais neutres et peuvent être franchement péjoratifs, tout comme le Boche en français ou le Yuôn en Khmer qui désigne le Vietnamien. Mais il n'existe pas d'équivalent simple du mot étranger » .



« La célèbre chaussure en plastique, la tong, est une invention cambodgienne que l’on doit à monsieur Chip Tong. L’usine où étaient fabriquées ces chaussures dans les années 1960 se trouvait à Phnom Penh dans le quartier du Tuol Kork. Elle est devenue une usine de textile dans les années 1990 avant d’être rasée un peu plus tard » .

Petite précision, ce n’est pas le principe de la tong, chaussure à lanière en Y, que ce monsieur a inventé, mais bien sa fabrication en plastique. Il a décidé de fabrique la chaussure des bonzes, en plastique. La tong existait déjà avant, sous d’autres formes (en cuir) et sous d’autres noms (claquette, savate,…).



« De tous les rituels qui parsèment le mariage khmer, il en est un qui choque particulièrement le barang qui y participe. La jeune femme s’agenouille devant son futur époux qui, lui, reste debout ou s’assied sur une chaise. Plusieurs variantes sont possibles : la fille lave alors les pieds de l’homme dans une bassine, ou bien elle lui cire les chaussures ou, plus simplement encore, elle asperge les pieds de l’homme de quelques gouttes de parfum. Cette action manifeste ainsi son total dévouement et le respect qu’elle porte à celui qui va partager sa vie. En échange, l’homme lui remet un billet de banque ; non en paiement de la prestation ainsi effectuée comme se l’imagine l’étranger, mais pour lui signifier qu’elle gèrera l’argent du ménage. Un clin d’œil à la tradition matriarcale en vigueur au Cambodge ! L’homme dispose du respect et son épouse du budget… » . :roll:

Voilà pour mieux comprendre, un peu, ce Cambodge qui mérite des qualificatifs pas faciles à déterminer.
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Messagepar saxel » sam. 16 sept. 2017 08:38

Je suis en train de lire ça ...étant sur place, ce n'est pas pareil... :x

http://www.epochtimes.fr/evade-dun-camp ... 15490.html

Nal Oum n’oubliera jamais le jour où les Khmers rouges prirent la capitale. Il était l’un des 400 médecins du Cambodge, resté malgré le sinistre ravageant son pays. Il pensait que les médecins se devaient toujours d’êtres neutres et de travailler pour sauver des vies – et ce sans considération pour la politique, la race ou la doctrine.

Il comprend maintenant qu’il avait eu tort. Comme tant d’autres, il ne pensait pas les humains capables de telles atrocités.
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Re: Livres de chevet

Messagepar Kreuzhof » sam. 16 sept. 2017 09:41

Le Cambodge sous les Khmers rouges c'est un délire meurtrier qu'on a de la peine à s'imaginer.
Sur place, cela doit vraiment prendre en effet encore une autre dimension.
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BD festival d'Angoulême

Messagepar saxel » ven. 1 déc. 2017 00:21

les organisateurs du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême détaillent le programme de la 45e édition, 2018, lors d’une conférence de presse à la Cinémathèque française.
Parmi les moments forts : la présentation de l’affiche de l’événement, toujours dessinée par le Grand Prix. Cette année, le visuel est donc signé Cosey, le célèbre auteur suisse créateur de la série "Jonathan".
Sur cette image, on reconnaît justement Jonathan, sur sa moto. On l’imagine parcourant l’Himalaya, traversant l’Inde du Nord et le Népal.
Fichiers joints
un-detail-de-l-affiche-du-45e-festival-international-de-la-bd-d-angouleme-qui-se-deroulera-du-25-au-28-janvier-2018.jpg
un-detail-de-l-affiche-du-45e-festival-international-de-la-bd-d-angouleme-qui-se-deroulera-du-25-au-28-janvier-2018.jpg (274.26 Kio) Vu 2335 fois
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Re: Livres de chevet

Messagepar Kreuzhof » ven. 1 déc. 2017 07:27

Trés bon les albums de Cosey. :P
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